• Période du muet

    Créé en 1905, l’hebdomadaire new-yorkais Variety s’est rapidement imposé comme la référence dans le business du show-business, justement. Cinéma, mais aussi théâtre, Music-Hall, radio, TV, opéra, etc.

    À partir du 3 mars 1922, chaque semaine, Variety indique les recettes des salles de cinéma de première exclusivité, en précisant le film joué. À l’époque, en effet, les films étaient d’abord diffusés dans le circuit de première exclusivité (les first run pour les Américains). Des salles prestigieuses qui payaient cher le droit de diffuser les films en primeur. Il y avait ensuite les secondes exclusivités, puis les autres salles. Les first run pouvaient durer plusieurs mois, et même dans de rares cas plusieurs années, avant que les films soient enfin distribués au niveau national.

    Si au début Variety ne donnait que les recettes des salles d’exclusivité pour New York et Chicago, très vite (en l’espace de quelques semaines), l’hebdomadaire étoffera son parc de salles et de villes clés pour finalement couvrir la totalité des first run. Ces salles revêtaient une importance capitale pour les studios. En effet, alors qu’en 1922 le prix moyen d’une place de cinéma aux États-Unis était d’environ $0.25, les prix pratiqués dans les first run allaient de $0.5 à $2.2, selon la salle, la ville et l’emplacement du fauteuil. De plus elles étaient les plus grandes du pays. La plupart d’entre-elles dépassant les 1000 fauteuils, allant jusqu’à plusieurs milliers pour certaines. Aussi, les films qui y étaient distribués engrangeaient en moyenne la moitié de leurs recettes nationales.

    Je vous propose au travers d’un top 50 annuel de découvrir une époque oubliée, mais fascinante ; celle du cinéma muet. Période des années folles où tout, ou presque, fut inventé dans le cinéma et où les stars étaient des quasi-dieux vivants.